Pouilles

Visiter Bari : 2 jours et 10 choses à voir

Bari, la capitale des Pouilles, est un labyrinthe de pierres blanches reposant auprès d’une mer bleu azur. Partagée entre le vieux Bari et les quartiers plus contemporains, la ville fascine. Il est agréable de se perdre dans les ruelles entre les arcades, les portes et les balcons pittoresques. De temps à autre, une église apparaît au détour d’une rue. Autre particularité de Bari, les mamies qui fabriquent des orechiette dans la rue. Pour visiter Bari en deux jours, suivez le guide !

Jour 1

Le front de mer et le vieux port

Le front de mer de Bari est agréable pour une promenade

Le front de mer de Bari a été inauguré en 1927, c’est-à-dire durant l’époque fasciste. Aujourd’hui, c’est l’une des promenades les plus célèbres de la ville. Et une parfaite occasion d’admirer en un coup d’œil plusieurs palais de style art nouveau. Vous respirerez ici l’âme de Bari grâce aux parcs verdoyants et à la mer Adriatique.

La partie du front de mer la plus célèbre comprend la Via Imperatore Augusto, la Via Araldo di Crollalanza et la Via Nazario Sauro. Ces rues vous mèneront du nouveau port au vieux port. Environ à la moitié de la promenade, un passage permet de rejoindre Bari vecchia, mais ne le prenez pas tout de suite. Continuez plutôt sur la promenade d’où vous pourrez admirer quelques-uns des plus beaux bâtiments de la ville comme l’Albergo delle Nazioni, Il teatro Kursaal Santa Lucia e il Palazzo della Provincia.

Vous arriverez ensuite sur le vieux port où tous les matins a lieu un rituel un peu spécial. Ce rituel consiste à frapper le poulpe sur le quai pour l’attendrir. Ames sensibles s’abstenir ! Même si je comprends que cela fasse partie du folklore local, cela n’en reste pas moins de la maltraitance animale. Si vous voulez assister à ce massacre rituel, rendez-vous sur le port aux alentours de 10h quand les pêcheurs reviennent au port. 

En journée, les gozzi, les embarcations typiques du coin amarrés à Nderr La’Lanz (autre nom du vieux port) sont parfaits pour réaliser des photos. Vous remarquerez qu’ils sont souvent calés avec des caisses de Peroni (vides bien sûr bande de petits coquins).

A noter aussi le fameux bar el Chiringuito, l’âme du vieux port. N’hésitez pas à vous y arrêtez pour siroter une Peroni. Vous trouverez aussi des assiettes de fruits de mer crus pour 5€. Un excellent encas avant d’aller déjeuner. Pour information, ce “menu” est le petit déjeuner traditionnel de Bari.

Ne loupez pas le Théâtre Margherita dans le style art nouveau. Anecdote amusante, le théâtre est construit sur l’eau. Les propriétaires du Théâtre Petruzzelli ne voulant pas de la construction d’un autre théâtre sur la terre ferme, ce subterfuge a été trouvé.  Le théâtre Margherita abrite aujourd’hui des expositions.

Théâtre Margherita à Bari
Théâtre Petruzzelli à Bari

Conseil : Le front de mer Crollalanza est parfait pour assister au coucher du soleil. L’atmosphère y est magique ! A voir aussi au coucher du soleil, le Vieux-Port avec les lumières de Bari qui s’allument. 

Pinacothèque Corrado Giaquinto

Si le cœur vous en dit, visitez la Pinacothèque qui se trouve sur le front de mer dans le Palazzo della Provincia. La pinacothèque offre un témoignage exceptionnel sur la culture des Pouilles. Elle regroupe des collections de tableaux, de vêtements et de meubles datant pour les plus anciens de l’an mille. Il y a 22 salles à visiter. Parmi les plus notables, il y a celle qui accueille des sculptures médiévales réalisées entre 1000 et 1400. Vous trouverez également une salle dédiée aux peintres des Pouilles. Et une autre consacrée aux macchiaioli toscans.

Il borgo murattiano

Il borgo murattiano est le quartier de la ville construit par Murat au XIXe siècle. Les rues perpendiculaires offrent un panorama atypique pour une ville des Pouilles. Ainsi qu’une vue imprenable sur certains édifices comme le théâtre Petruzzelli. 

La via Sparano est la rue commerçante et piétonne de la ville. Vous y trouverez bars et boutiques. Vous verrez plusieurs bâtiments élégants dans ce quartier comme le Palazzo Mincuzzi qui se distingue par un style Art Nouveau très décoré.Ne manquez pas, la Gran Via di Madrid et l’église originale de San Ferdinando avec ses arcs. 

Sur le corso Vittorio Emanuele II à quelques rues de là l’atmosphère est totalement différente. Palmiers et restaurants vous donneront l’impression d’être dans la ville croate de Split. Ici, l’atmosphère est plus calme et populaire, comme dans la vieille ville. Derrière les bâtiments commence d’ailleurs le fameux quartier de Bari Vecchia.

Le borgo murattiano mène aux somptueux palais de corso Cavour comme la Chambre de Commerce, la Banque d’Italie et le Théâtre Petruzzelli. Le Teatro Petruzzelli est l’un des emblèmes de la ville. C’est le plus grand théâtre de Bari et le quatrième en Italie. Un incendie dramatique a ravagé l’édifice en 1991. Heureusement, il a été depuis rénové et a retrouvé sa splendeur d’antemps. 

Retour sur la Promenade de Crollalanza, idéale pour assister au coucher du soleil. Au centre il y a la grande roue qui vous permettra d’avoir une vue panoramique sur la ville de Bari. Si la grande roue est chère, le Grand Hôtel delle Nazioni dispose d’une terrasse pour un apéritif avec vue (à 10€).  

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jour 2

Bari vecchia

Ruelle de Bari vecchia

Le quartier de San Nicola, ou Bari Vecchia pour les locaux, est le centre historique de la ville de Bari. Le quartier s’étend entre les deux ports de Bari et son centre remonte au Moyen Age. Le vieux Bari a un charme pittoresque et semble figé dans le temps. Les murs l’ont protégé pendant des siècles, dans une péninsule entourée par la mer, jusqu’à l’expansion du XIXe siècle qui a changé son apparence. 

Les habitants de Bari Vecchia n’ont jamais apprécié le borgo murattiano et considèrent cette expansion comme une autre ville. Il est vrai que l’apparence et la vie dans ces deux quartiers sont totalement différentes. D’une part, des ruelles séculaires, tordues où les piétons et les cyclomoteurs dominent ; d’autre part les grands axes et les voitures. Sans parler de l’atmosphère villageoise de Bari Vecchia, totalement absente du borgo murattiano.

Visiter Bari Vecchia est une étape obligatoire pour saisir le charme de la ville. Un charme hors du temps, populaire et pittoresque. Vous verrez notamment des kiosques à journaux avec des images de saints, des vendeurs en plein air, des chapelles, et des plantes partout. Puis il y a la pierre blanche typique de ce quartier qui de nuit répand la lumière.

Particulièrement appréciée des touristes, la via dell’Arco Basso ou via delle Orecchiette est une étape obligatoire. C’est cette petite rue qui a rendu Bari si célèbre dans le monde entier. Chaque jour des dames aux mains habiles préparent des kilos de pâtes fraîches. Une vraie performance ! Si vous ne tombez pas amoureux de la ville après avoir vu ça, alors vous n’avez pas de cœur 🙂

Mamie italienne fabricant des orecchiette

Perdez vous dans les ruelles, c’est la meilleure façon de découvrir le quartier. Essayez par exemple de trouver la Piazza del Ferrarese et la Piazza Mercantile. La Piazza Mercantile était le centre de la vie commerçante et là où le gouvernement de la ville se réunissait. D’une forme irrégulière, le Palazzo del Sedile se distingue aisément avec sa loggia et la tour de l’horloge au milieu de la place. 

Depuis la Piazza del Ferrarese une rampe mène à l’enceinte qui entourent encore ce côté de Bari. A noter, le fort de Sant’Antonio, une puissante fortification du XVIe siècle en pierre dorée qui n’est malheureusement pas accessible. Cependant, de l’extérieur il y a une belle vue sur le Vieux Port. Si vous continuez sur les remparts, vous arriverez en 10 minutes à la basilique de San Nicola. 

La basilique Saint Nicolas

La basilique Saint-Nicolas a été le cœur de Bari

La basilique Saint-Nicolas a été le cœur de Bari pendant près d’un millénaire. Vous ne pouvez pas visiter Bari sans voir la basilique. Sa grande place contraste avec les rues étroites. 

A l’extérieur de la basilique, des magasins, des tables désordonnées et des gens bavardant s’opposent à la tranquillité et au silence de l’intérieur. La façade sévère et blanche ressemble à celle de la cathédrale : elle est divisée en trois parties, comme les trois nefs intérieures, avec une rosace. Admirez les tours, le portail et les colonnes

A l’intérieur, le plafond baroque en bois doré raconte la vie de saint Nicolas. Digne d’intérêt aussi, le presbytère et la crypte où repose le corps de Saint Nicolas. Saint Nicolas était un saint de l’Est, dont les restes ont été volés en 1087 à Myre (Turquie) par des marchands de Bari. La basilique a été construite en cet honneur. Il y a encore beaucoup d’européens de l’est qui viennent en pèlerinage sur la tombe du saint.

La cathédrale de Saint Sabin

A quelques pas du château normand-souabe, la cathédrale de Santa Maria Assunta (dans laquelle San Sabino est vénérée) se dresse dans toute sa grandeur sur la Piazza dell’Odegitria

La structure de l’église actuelle, reconstruite après la destruction de la ville par le roi normand Guillaume le Malo en 1156, suit la structure de la basilique de Saint-Nicolas. Malgré les points de similitude entre les deux églises, la cathédrale de San Sabino est le seul bâtiment de culte dans la vieille ville à avoir un imposant clocher

Des éléments architecturaux appartenant à différentes époques historiques témoignent des influences (romaines, chrétiennes anciennes, arabes, byzantines, normandes-souabes) absorbées au fil du temps par le bâtiment le plus noble et le plus ancien de la ville, siège de l’archevêché et point de référence de la classe dirigeante de la ville. Le bâtiment, en forme de croix avec des bras orthogonaux, est surmonté d’un dôme.

Dans la via Dottula, sur le côté droit du bâtiment, se trouve le Palais de l’Archevêque (aujourd’hui le Musée diocésain), qui contient les objets les plus précieux de l’histoire de ce joyau de l’architecture romane. Les trois Exultet, des rouleaux illuminés, représentent les œuvres les plus précieuses.

Le château normand souabe

Direction à présent le château souabe. Construit sur le château précédent voulu par Roger le Normand en 1131 (d’où une partie du nom), ce bâtiment a été complètement détruit en 1156 et reconstruit selon la volonté de Frédéric II de Souabe en 1223 (d’où le reste du nom). 

Aujourd’hui, comme il y a mille ans, le château souabe normand veille sur la vieille ville de Bari en protégeant son entrée principale. En plus de sa valeur historique importante, le château est le siège de la Direction du patrimoine architectural et historique de l’environnement des Pouilles et est l’un des monuments roman les plus importants en Italie.  

Le bâtiment se compose de deux parties distinctes: le bastion, celui reconstruit par Frédéric II, comprend deux des tours d’origine, tandis que l’autre partie comprend les remparts et autres tours ajoutées en 1500. Un pont sur les douves accueille les visiteurs à l’entrée : un portail gothique et une cour renaissance donnent sur l’intérieur. Au rez-de-chaussée, le château abrite une collection de plâtres avec quelques moulages des monuments les plus importants des Pouilles.

Bari souterrain 

Pour ceux qui veulent visiter la ville d’un point de vue particulier et en même temps toucher sa riche histoire, il y a Bari souterrain. Il s’agit d’un itinéraire guidé de nuit, en compagnie d’archéologues accrédités, qui commence à partir du sous-sol du château souabe normand et traverse toute la vieille ville sous le sol.  

Le long du chemin, vous pouvez retracer l’histoire de la ville. De sa première colonie, avec une cabane qui remonte à l’âge du bronze, en passant par l’époque romaine et la glorieuse époque de l’Empire byzantin en Occident, lorsque les églises chrétiennes et byzantines se tenaient à une courte distance les unes des autres.  La visite guidée montre clairement que toute la vieille ville s’est développée sur des couches successives : maisons et églises ont été construites sur les vestiges des précédents édifices. Aujourd’hui, vous pouvez trouver des tombes, des poteries et des restes de foyers. Dans les sous-sols de la basilique Saint-Nicolas, par exemple, se cache une ancienne basilique chrétienne primitive.

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